Attribué à Louis HERSENT (Paris, 1777-1860) - Lot 139

Lot n° 139
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Estimation :
3000 - 4000 EUR
Résultat : NC
Attribué à Louis HERSENT (Paris, 1777-1860) - Lot 139
Attribué à Louis HERSENT (Paris, 1777-1860) Portrait de Marie-Amélie de Bourbon, princesse des Deux-Siciles, dernière reine des Français, représentée à mi-corps, coiffée d’un turban et vêtue d’une robe de soie noire au col de dentelle et manches gigot (1777-1847) portant l’ordre de la Reine Marie-Louise. Vers 1840 Huile sur toile. 140,5 x 115,5 cm (rentoilage ; usures et restaurations). 3 000/4 000 Notre tableau, datant des années 1840, dévoile vraisemblablement le portrait de Marie-Amélie de Bourbon-Siciles (1782-1866), reine des Français, épouse de Louis-Philippe Ier, représentée dans les dernières années de la monarchie de Juillet. Figure discrète mais centrale de la dynastie d’Orléans, Marie-Amélie incarne une reine pieuse, digne et profondément attachée à sa famille, dont elle fut le pilier moral. Éloignée des intrigues politiques directes, elle n’en joua pas moins un rôle essentiel dans l’équilibre du régime, soutenant son époux dans les épreuves et contribuant à donner à la monarchie de Juillet l’image d’un pouvoir qui ne s’affirme plus par la magnificence mais par la morale et la stabilité. De nombreux tableaux la représentent ainsi au cœur de la famille royale et du pouvoir, aux côtés du roi et de ses enfants, comme en témoignent plusieurs œuvres dont celle conservée à Versailles, musée national du Château et de Trianon (La reine Marie-Amélie avec ses plus jeunes fils, les ducs de Montpensier et d'Aumale, inv. 5208), où son image est indissociable de celle de la monarchie de Juillet et de sa représentation officielle. Probablement représentée dans l’un des appartements d’apparat du palais des Tuileries, où la famille royale réside jusqu’à la Révolution, la reine apparaît confortablement assise sur une méridienne aux accotoirs en crosse, se détachant sur un fond de damas rouge. Vêtue selon les derniers usages de la mode, elle arbore une robe de soie noire aux manches dites « à gigot », dont la taille ceinturée met en valeur la médaille de l’ordre de la reine Marie-Louise, fondé en 1792, et dont elle fut la 107ᵉ dame. Dans ce portrait, la douceur des traits fait ressortir l’éclat si caractéristique de ses yeux bleus. Son visage est encadré d’une chevelure blond châtain, retenue sous un turban de mousseline orné de franges de galons d’or, une coiffure connue par de nombreuses gravures. Le regard est enfin attiré par le manteau d’hermine déposé sur la méridienne à droite de la composition : symbole par excellence de la royauté, il rappelle au spectateur l’appartenance du modèle à la dynastie régnante et la dignité de son rang. D’une remarquable qualité d’exécution, notre portrait témoigne du prestige et de la retenue caractérisant les représentations officielles de la maison d’Orléans. L’attribution à Louis Hersent, artiste étroitement lié à la cour de Louis-Philippe, s’impose tant par la facture que par la sensibilité de la composition. Hersent, peintre du pouvoir et du sentiment, insuffle une douceur romantique à ses effigies. Le portrait représentant Madame Jean-Charles Clarmont conservé à Versailles, musée national du Château et de Trianon (inv. MV 8387) ainsi que celui de la Princesse Natalia Golitsina conservé à Moscou au Musée Pouchkine (inv. 810) témoignent d’une technique particulièrement proche de notre œuvre. Outre les positions sensiblement similaires des modèles, l’excellence du pinceau dans le rendu des matières permet de rapprocher aisément notre composition au corpus de l’artiste. La reine Marie-Amélie est une reine discrète, vertueuse et maternelle, connue pour sa féminité soignée sans ostentation excessive. L’unique bijou qu’elle porte ici retient l’attention : une broche composée de saphirs et de perles, piquée dans la fine dentelle de son large col au centre de la poitrine, évoquant les nombreuses commandes que la reine passait à la maison Mellerio, son joailler attitré. L’imposant format de notre œuvre, ainsi que la remarquable qualité d’exécution inscrivent notre toile dans la grande tradition du portrait officiel tout en affleurant une certaine intimité : celle d’une femme cultivée, consciente de son rang, dont le regard suggère la finesse et la profondeur d’esprit. La sobriété de la tenue, et la paisible posture traduisent une volonté politique : exposer une monarchie proche des valeurs bourgeoises, fondée sur la respectabilité, la retenue et la famille. Marie-Amélie, dernière reine des Français, s’éteint en 1866 à l’âge de 84 ans, après avoir partagé l’exil de sa famille à la suite de la Révolution de 1848.
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