OISEAU CHANTEUR - Lot 135

Lot n° 135
Aller au lot
Estimation :
60000 - 80000 EUR
Résultats sans frais
Résultat : 105 000EUR
OISEAU CHANTEUR - Lot 135
OISEAU CHANTEUR Attribué aux Frères ROCHAT. Suisse, début du XIXe Rare boîte de type tabatière à automate dite « Oiseau chanteur » en or jaune 750 ‰ et émail, mouvement d'horlogerie et mécanisme à produire de la musique. Vers 1817. N°74. Ht : 2,5 cm - Lg : 9,5 cm - Pf : 6 cm - Poids brut: 390 gr. Boîte de forme rectangulaire arrondie, émaillée bleu translucide sur guillochage treillis (petit accident à l’émail au revers et petite restauration au niveau du cadran). Ensemble décoré de demi-perles enrichi d’une frise à motif de rinceaux. Couvercle ovale sur charnière peint sur émail d’un médaillon à décor floral. Deux trappes, l’une frontale permettant l’accès au réglage de l’horloge et le contrôle des différentes fonctions dont le remontage de l’automate, du mécanisme à musique et du mouvement de l’horloge, l’autre sur un côté permettant d’y stocker clés ou secrets. Les trois organes peuvent fonctionner indépendamment. L’horloge en façade est animée par un mouvement du début du XIXe à rare échappement à cylindre inversé. Cadran émail, chiffres romains, aiguilles et trotteuse centrale. Remontage à clé en façade. La fonction musique procède d’un dispositif primitif classique à 10 doubles-lames en pied, barillet moteur à picots. Déclenchement arrêt/ stop manuel. La mélodie est inconnue, probablement commandée à Antoine Favre. L’oiseau automate : au déclenchement d’un cycle par l’onglet, le couvercle s’ouvre et libère l’oiseau qui jaillit, comme échappé de la boîte en piaillant du bec dans une conversation animée. Il tourne la tête en fouaillant de la queue, bat des ailes et son bec rythme avec ses piaillements. Il est capable de se retourner à 180° comme s’il se mirait dans le couvercle en or poli miroir, puis s’escamote dans son jardin d’or gravé de feuillages qui se referme en un éclair. Mécanisme attribué aux Frères Rochat, dispositif d’entrainement à fusées connectées à un soufflet circulaire contrôlé par un jeu de cames. Poinçon de maître à l'intérieur de la trappe « PC » et « G.R » pour les ateliers de Jean-Georges Rémond, orfèvre. Poinçon "FR" dans un ovale. Ce modèle est considéré comme précurseur des œuvres de Rochat et Bruguier, qui couvriront une grande partie du XIXe. Le premier brevet de musique à lames vibrantes d'Antoine Favre à Genève date de 1796, inventeur de boîtes à musique. L’indice permettant d’appuyer cette datation réside dans la découverte d’une inscription à la plume sur la peau du panneau supérieur du soufflet, les initiales « J F » probablement Jacob Frisard, ce qui nous amènerait avant 1812 au moins pour l’exécution du soufflet qui a été conservé in situ ; et d’une date « 1817 » sur un des ressorts. Il faut noter que chaque mouvement de l’oiseau induit une complication mécanique supplémentaire. Un exemplaire « jumeau » a été vendu chez Aguttes en sept. 2022. On peut considérer que nous sommes en présence de l’un des premiers automates oiseau chanteur à tête tournante. Le modèle présent vient enrichir l’inventaire de ces chefs-d ’œuvres mécaniques dont on ne pourrait recenser qu’une quinzaine d’exemplaires dans les collections mondiales. Au début du XIXe siècle, l’électricité n’était pas encore dans les ateliers et il fallait compter sur la contribution et la maîtrise de nombreux artistes de différentes disciplines pour arriver à concevoir ces ouvrages d’exception. Cette pièce rare dans un état remarquable a été restaurée par un maître horloger passionné et spécialisé dans ce domaine. L’acquéreur de l’objet pourra être mis en relation avec celui-ci. Bibliographie : Un modèle équivalent est présent dans « Les Automates » d’Alfred Chapuis et Edmond Droz, décrit p. 203, Fig. 239, « Riche tabatière à oiseau chantant et montre, époque 1800 (Coll. Berry-Hill) » L'horloger David Rochat (1746-1812) du Brassus dans la vallée de Joux travaillait à la fin du XVIIIe avec ses trois fils Jacques François Elisée (1771-1836), David Frédéric Henri (1774-1848) et Henri Samuel (1777-1854), fournissant à la firme Jaquet-Droz & Leschot des pièces d'oiseaux chanteurs et séjournant également à l'atelier de Frédéric Leschot à Genève. Les frères ont ensuite créé une entreprise indépendante à Genève puis avec d'autres membres de la famille élargie pour produire des mouvements d'oiseaux chanteurs de la plus haute qualité. Comme chez Leschot, leur boîtier de choix était de Jean-Georges Rémond (1752-1830) qui au cours de sa longue carrière à Genève fit enregistrer sa dernière maison, Rémond, Lamy, Mercier & Cie, à partir de 1811. Jean-Georges Rémond, Maître orfèvre de 1783 à 1820, est cité dans le Dictionnaire des Horlogers Genevois, la « fabrique » et les arts annexes du XVIe à nos jours pour sa qualité d'exécution.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de vente
Retourner au catalogue